mardi 12 juin 2012

LES PESTICIDES




LES PESTICIDES

Des centaines d'études scientifiques et épidémiologiques montrent la nocivité des pesticides sur l'environnement et la santé. Alors que certaines organisations tentent de cacher cette réalité, Bioaddict.fr mène l'enquête.

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Ce vendredi 1er juin, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est prononcé en faveur de l'interdiction du pesticide Cruiser OSR, tenu pour responsable de la mortalité des abeilles par...
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Agriculture : une réduction de 30 % des pesticides serait possible

D'après un rapport présenté par l'INRA (Étude Ecophyto R&D), la réduction de l'ordre de 30% du recours aux pesticides semble possible, sans bouleversement majeur des systèmes de production agricole. Mais l'objectif de 50% souhaité par le gouvernement impliquerait des changements profonds et des baises de production de 12 à 25% selon les cultures.


http://www.bioaddict.fr/article/agriculture-une-reduction-de-30-des-pesticides-serait-possible-a607p1.html


Le plan Ecophyto 2018 a été mis en place par le ministère de l'agriculture et de la pêche à la suite du Grenelle de l'environnement. Il vise à réduire de 50 % l'usage des produits phytosanitaires en agriculture à l'horizon 2018. Il s'agit à la fois de réduire l'usage de ces produits et de limiter l'impact de ceux qui resteront indispensables pour protéger les cultures des parasites, des mauvaises herbes et des maladies.
Ainsi, afin d'évaluer les possibilités techniques et les impacts économiques de la réduction de l'usage de pesticides pour les principales cultures, les ministères du développement durable et de l'agriculture ont confié à l'INRA l'organisation de l'étude Ecophyto R&D. 80 chercheurs, ingénieurs, spécialistes de " terrain " et techniciens agricoles ont été mobilisés par l'Institut national de la recherche agronomique (INRA).
Les travaux de l'étude Ecophyto R&D ont été présentés le jeudi 28 janvier 2010 par Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, et montrent "qu'une réduction de l'ordre de 30 % du recours aux pesticides serait possible, avec des changements de pratiques substantiels, sans perte de marges pour les agriculteurs dans un contexte économique analogue à celui de l'année 2006, mais avec une diminution des volumes de production (5 % environ en moyenne)."
" Les grandes cultures joueraient un rôle majeur dans cette réduction. Pour ces filières, des réductions de l'ordre de 40 % du recours aux pesticides sans réduction de marge seraient possibles ", souligne le ministère.
L'étude met également en avant l'importance de la mise en place d'un réseau de 3000 fermes références, d'expérimentation et de démonstration, permettant d'assurer la collecte et la diffusion de données sur les systèmes agricoles à bas intrants, décidée dans le cadre du Plan Ecophyto 2018. Les efforts de recherche agronomique et d'expérimentation sur les itinéraires à bas intrants sera d'ailleurs maintenu dans les années qui viennent.
Ainsi, pour Chantal Jouanno, "l'étude Ecophyto R&D nous donne aujourd'hui des éléments pour affirmer qu'une réduction de l'utilisation de l'ordre de 30% des pesticides est possible, sans pénaliser le revenu des agriculteurs".
Le gouvernement souhaite aujourd'hui "replacer l'agronomie au coeur de l'agriculture durable et accompagner les acteurs agricoles dans cette démarche".

Les OGM sont-ils le Diable ?


Les récentes découvertes publiées dans les magazines scientifiques en matière d’organismes génétiquement modifiés en appellent ou devraient en appeler à une réelle prudence. Non pas seulement à celle que l’on souhaite imputer systématiquement aux chercheurs et à leur responsabilité, mais au jugement hâtif que l’on porte sur la discipline elle-même. Car, amalgamant l’utilisation mercantile et capitaliste de certaines grandes sociétés monopolistiques et mondialisées, il y a réellement de quoi soulever de grands espoirs dans l’utilisation ciblée et localisée de la technologie OGM. A quel point une utilisation raisonnée et raisonnable de la technologie OGM peut ou pourrait favoriser une grande quantité de populations en graves difficultés ? Favoriser la résistance de plantes cultivées susceptibles de ne plus l’être dans les temps à venir, et éviter ainsi famines, misères et exodes ; ou du moins, en ralentir les effets. Les OGM sont-ils le Diable en tout et pour tout ? Je ne le crois pas.
Premièrement, essayons un peu d’y voir plus clair dans la méthode elle-même. En quoi consiste au juste la modification génétique du vivant ? Et bien, on pourrait répondre de la manière suivante : à reproduire artificiellement ce que la nature opère pour son compte dans le cadre de la sélection naturelle. Loin d’y voir une dangereuse suprématie de l’homme sur la nature, je n’y vois guère qu’une tentative d’orienter lasélection naturelle dans le sens des besoins humains. Car, que fait d’autre la nature lorsqu’elle s’adapte à des conditions devenues hostiles ? Que se passe-t-il lorsque, des suites d’une modification de l’environnement, une espèce en difficulté, finit par réapparaître dans sa splendeur après avoir été malmenée par le climat ou un prédateur particulier ? Et bien, la sélection naturelle a joué son rôle : tous les individus vulnérables d’une espèce particulière ont été décimés sauf ceux qui étaient déjà naturellement résistants à la menace. Les organismes survivants, immunisés par nature, en se multipliant entre eux, créent les conditions d’une évolution de l’espèce déclinante dans le sens de son adaptation. C’est le principe même de lasélection naturelle. C’est ce même mécanisme qui nous vaut, à l’échelle cellulaire, la résistance de plus en plus farouche de nos souches bactériennes et virales aux traitements antibiotiques et antiviraux. L’antibiotique éliminera toutes les souches vulnérables de la maladie, sauf celles qui, hasard de la génétique, s’y montreront résistantes. Toutes les autres ayant été anéanties, elles se multiplieront d’elles-mêmes et lègueront leur résistance aux nouvelles générations de cellules bactériennes. Celles-ci ne seront plus touchées par l’antibiotique en question, elles auront donc muté dans le sens de l’adaptation. On retrouve encore ici le principe manifestement universel de la sélection naturelle… Que fait donc d’autre le savant lorsqu’il intervient de lui-même dans le génome d’une plante ou d’un animal pour y apporter quelques modifications visant à favoriser cette même résistance ou adaptation ? Et bien, il recourt artificiellement à la sélection naturelle… Loin de se prendre pour Dieu, le savant ne fait qu’imiter le principe de la sélection naturelle tout en l’orientant dans le sens de ses nécessités ; car la nature pratique en permanence la modification génétique. Tout le temps, partout, et sans relâche ; mais elle ne le fait qu’à l’aveugle, ou, disons : de manière aléatoire et localisé. On le voit bien dans les hôpitaux, où la lutte contre les virus et autres bactéries s’organisent autour de leur résistance aux traitements, et on le voit aussi dans les plantations, lorsque des cultures modifiées génétiquement dans le but de résister aux assauts d’envahisseurs parasites, loin de les éradiquer tous, provoque en retour la résistance de quelques-uns et leur futur immunité totale… On assiste ici à un combat à armes égales entre l’homme et la nature, qui, en définitive, est remporté par la nature par le fait même de ladite sélection… On serait même tenté de dire au vu de cet échec patent que les OGM, tout au plus, ne font que contraindre les envahisseurs naturels à évoluer sans cesse dans le sens de l’adaptabilité… L’objectif semble pour le moins extrêmement tempéré... Mais comme je l’ai dit plus haut, il est différent domaine d’application des OGM qui s’avèrent plus heureux en résultats que l’éradication des parasites dans les cultures : orienter la sélection naturelle dans le sens des besoins humains, ce qui permet d’aider des espèces locales à s’adapter aux nouvelles conditions climatiques, de même en médecine, d’ intervenir plus rapidement que ne le fait l’organisme et la nature (qui ne disposent d’aucune vision d’ensemble de leur action) pour en accélérer les effets d’adaptation, voir même de créer artificiellement des substances précieuses à l’organisme, comme l’insuline ou les globules rouges du sang. Et combien d’autres utilisations encore inexplorées de cette technique en effet révolutionnaire pour l’homme, bien que totalement coutumière pour la nature ?…

Ne jugeons pas trop vite négativement des prouesses possibles d’une telle méthode d’intervention artificielle ou naturelle, guidée par la main de l’homme. Je termine sur ce sujet en revenant sur le problème des cultures et de leur lutte – apparemment limitée -  contre les envahisseurs prédateurs. Je ne suis pas sûr que les OGM puissent être la solution à ce problème étant donné que les prédateurs sont dotés de la même arme évolutive que celles des scientifiques, et que, fort de leur propre évolution génétique par sélection, ils finissent toujours très vite par avoir le dessus sur la plante OGM. Selon moi, le problème se pose davantage sur le mode de la surproduction, d’une part, et sur celui, d’autre part, de la monoculture. La monoculture suscitant d’elle-même l’éradication de la biodiversité qui limite toujours l’hégémonie d’une espèce sur une autre, ouvre grande les  portes à une poignée de prédateurs pour se répandre et prospérer comme jamais ils n’auraient pu le faire naturellement. Le problème est donc davantage à résoudre sur le terrain de la rationalisation de l’agriculture post-productiviste, et sur le retour à la biodiversité qui réintégrera tous les prédateurs naturels aux prédateurs des cultures. Quitte peut-être à en réimplanter artificiellement ou à alterner les différents types de culture.

Pour prolonger la réflexion, quelques articles scientifiques illustrant l’utilisation positive qu’il peut être tiré de la technologie génétique, lutte contre le SIDA, contre le paludisme et la dengue, la grippe aviaire, confection d’agrocarburants, d’insuline, etc. Il va de soi que l’utilisation des OGM à des fins productivistes et marchants débouche sur des innovations absolument idiotes ou aberrantes qui se détournent fondamentalement de toute mission scientifique salvatrice.



                                                                

OGM: Récits de victoires contre Monsanto

Un sac de maïs génétiquement modifié développé par Monsanto


AGRICULTURE - Un rapport de plusieurs OGM relate les combats des paysans du monde entier contre la firme américaine...

D'Europe à l'Amérique latine en passant par l'Afrique et l'Inde, des milliers de paysans se sont élevés contre Monsanto et ses OGM: des efforts qui ont convaincu des décideurs politiques à mieux encadrer le secteur agroalimentaire, selon un rapport d'ONG. «Là où Monsanto est présente, les semences locales deviennent illégales, la biodiversité disparaît, les terres sont polluées, les paysans et ouvriers agricoles empoisonnés, criminalisés, expulsés de leurs terres», assurent Les Amis de la Terre International, Via Campesina et Combat Monsanto dans un rapport qui sera publié jeudi. Témoignages à l'appui, il relate les récents combats contre le principal fournisseur de semences génétiquement modifiées.
Le groupe américain Monsanto, fondé en 1901, s'était rendu célèbre par des produits chimiques agricoles dangereux pour la santé comme le DDT, ou les composants de l'Agent Orange, un défoliant utilisé par l'armée américaine au Vietnam. «Ce rapport démontre que les fortes objections des mouvements sociaux et des organisations de la société civile ont un impact sur les décideurs politiques chargés d'encadrer le secteur agroalimentaire et d'édicter les règles en matière de pesticides et de cultures transgéniques», souligne le texte.

Des victoires partout dans le monde

En Europe, l'opinion publique reste majoritairement opposée à la production alimentaire à partir de semences OGM. Mais la tâche est plus difficile pour les opposants dans les pays en développement ou émergents. Néanmoins des mouvements paysans y ont remporté des succès: le moratoire imposé sur l'aubergine BT, version transgénique de ce légume de base en Inde, le rejet des dons de semences hybrides en Haïti, après une mobilisation massive, en raison des risques pour la souveraineté alimentaire.
Au Guatemala des réseaux anti-OGM ont alerté sur des projets de législation et d'adoption de programmes de développement américains favorisant l'arrivée de semences transgéniques dans le pays. En Afrique, une Alliance pour la souveraineté alimentaire encourage à ne pas suivre l'exemple de l'Afrique du sud qui a adopté la technologie OGM «bien que les variétés de plantes transgéniques en question (...) ne résistent ni à la sécheresse ni aux inondations», note le rapport. Malgré toute cette mobilisation le rapport déplore «l'offensive sans précédent de l'agronégoce sous la bannière de la nouvelle économie verte dans les préparations du sommet Rio+20» en juin.

LUXEMBOURG - OGM: le blocage persiste dans l'UE sur les autorisations de culture

Manifestation de Greenpeace hostile aux OGM, en face de la Commission européenne, end écmebre 2010


LUXEMBOURG - La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont définitivement enterré lundi une proposition soumise par la présidence danoise des Vingt-Sept sur la question sensible de l'autorisation de culture des OGM sur le continent, a annoncé la ministre danoise de l'Environnement.
"Nous avons pratiquement tout tenté, mais nous avons échoué", a reconnu Ida Auken au cours d'un point de presse à l'issue d'une réunion des ministres de l'Environnement à Luxembourg.
"Une minorité de blocage avec la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique a refusé de bouger. Ce sont les réalités de la politique et nous ne sommes pas des magiciens", a-t-elle conclu.
Le dossier passe désormais entre les mains de Chypre, qui va assurer la présidence semestrielle des conseils de ministres de l'UE à partir du 1er juillet. Ce point n'est toutefois pas inscrit comme une priorité dans son agenda de travail.
Le compromis proposé par la présidence danoise devait permettre aux Etats qui le souhaitent d'interdire la culture sur l'ensemble ou sur des parties de leur territoire de produits OGM autorisés par l'UE.
Mais, précisait ce projet, pour obtenir par dérogation le droit d'interdire la culture d'un OGM, il fallait que l'Etat tente de trouver un accord avec l'entreprise demandant l'autorisation de faire cultiver l'OGM pour qu'elle renonce à le cultiver sur son territoire.
La ministre française de l'Environnement, Nicole Bricq a précisé s'être assurée du soutien de ses homologues allemand et britannique pour faire échec à ce compromis qui permettait aux sociétés fabriquant des OGM de demander des autorisations pays par pays.
"On ne peut pas dire que le sujet soit réglé définitivement", a toutefois souligné Mme Bricq au cours d'un point de presse.
Le processus d'autorisation des OGM est actuellement dans l'impasse, car aucune majorité n'a pu être trouvée entre les 27 Etats.
John Dalli, le commissaire en charge de la Santé et des Consommateurs, n'avait pas fait le déplacement à Luxembourg, conscient des rapports de force.
"Pour les deux OGM dont la culture est aujourd'hui autorisée dans l'UE, nous avons des clauses de sauvegarde dans dix des vingt sept pays", avait-t-il déploré en avril. "Et on va continuer comme ça", avait-il conclu.

jeudi 7 juin 2012

Cancers, stérilité, maladie de Parkinson : les pesticides mis en cause


La France est le troisième consommateur mondial de pesticides. Ces produits chimiques sont fortement soupçonnés d’être dangereux pour la santé des agriculteurs comme pour celle des consommateurs. Un livre récemment publié relance le débat sur ce thème. Son titre : "Pesticides. Révélations sur un scandale français".
Faut-il vraiment avoir peur des pesticides ? Au début de ce printemps, les éditions Fayard ont publié un livre au titre choc : "Pesticides. Révélations sur un scandale français". Les deux auteurs, Fabrice Nicolino et François Veillerette, sont respectivement journaliste et président d’une association, le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF). Cet ouvrage a immédiatement rencontré un écho important dans la presse.
Les pesticides sont soupçonnés de provoquer des cancers et des maladies neurodégénératives, telles que la maladie de Parkinson. Ils entraîneraient également des troubles de la reproduction et du développement, ainsi que des perturbations endocriniennes. L’affaire est d’autant plus importante que la France est le troisième consommateur mondial de ces produits chimiques, après les Etats-Unis et le Japon. Quelque 76 000 tonnes d’herbicides, insecticides et fongicides ont ainsi été utilisées en 2004 dans l’Hexagone, principalement par des agriculteurs.
Du benzène dans les pesticides
Faute d’étude systématique, les cas de maladies liées à l’exposition aux pesticides sont peu connus. La presse s’en fait néanmoins l’écho, de manière sporadique. Ainsi, l’hebdomadaire L’Express a rendu compte en janvier dernier de la bataille judiciaire menée par un agriculteur vosgien. Atteint d’une maladie du sang susceptible de se transformer en leucémie aiguë, cet exploitant s’est vu refuser la reconnaissance de son affection en pathologie professionnelle. Or, sa maladie est caractéristique chez les employés des raffineries exposés au benzène. A force d’acharnement, il a réussi à montrer la présence de benzène dans les pesticides utilisés pour son exploitation. Par la suite, le tribunal des affaires de Sécurité sociale (Tass) des Vosges a reconnu l’origine professionnelle de sa maladie. Le benzène est classé produit cancérogène par l’Union européenne.
Les auteurs de "Pesticides. Révélations sur un scandale français" citent pour leur part le Dr Jean-Luc Dupupet. "On sait qu’environ 100 000 paysans par an se plaignent à la suite de traitements [des cultures par des pesticides, NDLR]. Ils éprouvent des nausées, des problèmes neurologiques, présentent des éruptions cutanées", indique ce médecin du travail à la Mutualité sociale agricole (MSA). "Notre réseau s’occupe surtout des cas d’intoxication aiguë, avec hospitalisation", précise-t-il.
La MSA a créé en 1991 un réseau de toxicovigilance, intitulé Phyt’attitude. Il "recense, analyse et valide les signalements d’accidents ou d’incidents survenus lors de l’utilisation professionnelle de produits phytosanitaires", communément appelés pesticides. La synthèse des observations de 2002 et 2003 montre que ces produits sont mis en cause deux fois sur trois dans les signalements reçus. Au cours de cette période, les produits classés toxiques ont été surreprésentés (près d’un quart des signalements). La MSA a mis en place en février 2004 un numéro vert pour faciliter et encourager ces déclarations.
Résidus dans les fruits et légumes
En mars 2005, la MSA a annoncé le lancement d’une étude visant à mieux connaître le lien entre les activités agricoles et les problèmes de santé, en particulier la survenue des cancers. Baptisée "Agrican", elle est fondée sur les réponses à un questionnaire envoyé à 700 000 professionnels. Les premiers résultats sont prévus pour fin 2009. La MSA justifie cette enquête par le fait de l’observation d’une plus grande fréquence de certains cancers (prostate, estomac, leucémies, cancers cérébraux et cutanés) chez les agriculteurs que dans le reste de la population.
Reste une question d’importance : quel est l’impact des pesticides sur la santé de la population générale ? L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) indique que, dès les années soixante, "des phénomènes de résistance chez les insectes, puis des troubles de la reproduction chez les oiseaux, ont montré de façon spectaculaire les limites et les dangers des résidus de pesticides pour l’environnement, les écosystèmes mais également les êtres humains, du fait de leur dissémination hors des zones d’application".
Les agriculteurs ne sont donc pas les seuls exposés aux pesticides. L’ensemble de la population pourrait être contaminé puisque tout un chacun, via la consommation de fruits et légumes, est susceptible d’ingérer ces produits, présents sous forme de résidus sur les aliments. Pour en avoir le cœur net, l’Union européenne contrôle chaque année, depuis 1998, la qualité des produits. Les résultats de 2005 montrent que la France se situe au-dessus de la moyenne européenne. Plus de 50 % des échantillons testés contenaient des résidus de pesticides. Plus de 7 % d’entre eux présentaient même des teneurs supérieures aux limites maximales autorisées ! Enfin, près du quart (23,7 %) contenaient des résidus de plusieurs pesticides.
Face à ces mauvais résultats, les pouvoirs publics viennent de mettre en place l’Observatoire des résidus de pesticides (Orp). Il doit rassembler les informations disponibles, évaluer la dangerosité des produits et, enfin, rendre ces informations accessibles au public. Un site Internet spécifique diffuse d’ores et déjà des données sur l’état de contamination des eaux et des sols (www.observatoire-pesticides.gouv.fr). Face à une telle menace pour la santé publique, le principe de précaution doit être mis en œuvre sans attendre.

Événement organisé dans le cadre de la Semaine pour les Alternatives aux pesticides


Événement organisé dans le cadre de la Semaine pour les Alternatives aux pesticides

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Les partenaires associatifs

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ALLASSAC ONGF

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Autres soutiens soirée du 23 mars

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